TOUT CONDUCTEUR CONNAÎT ça : la jauge à essence s’allume sur le tableau de bord, il faut alors penser à se rendre à la prochaine station-service. Demain, celle-ci pourrait bien se trouver à notre porte. Et au lieu de distribuer de l’essence, elle nous fournirait une électricité écologique qui rechargerait notre voiture. Une maison qui serait également une station-service pour les voitures électriques : cette vision associant immobilier et mobilité est en train de devenir réalité au numéro 87 de la Fasanenstrasse à Berlin. Un projet innovant de recherche sur la construction et l’électro-mobilité y démarre à l’automne 2011. La maison énergétique construite à la demande du ministère fédéral des Transports, de la Construction et de l’Urbanisme produit deux fois plus d‘électricité qu’elle n’en consomme. Dans cette maison individuelle, des batteries extrêmement performantes stockent l’énergie excédentaire pour alimenter le réseau ou recharger une voiture par l’intermédiaire d’une borne.
Avec ce projet, Peter Ramsauer, le ministre fédéral des Transports, veut contribuer à populariser l’électro-mobilité en Allemagne sous la devise « ma maison, ma station-service ». La maison sert de vitrine aux développements communs et illustre l’utilisation durable des effets de synergie entre la technologie du bâtiment et celle de l’automobile. « A elles deux, la construction et la circulation représentent 70 % de la consommation totale d‘énergie finale », déclare le ministre. Le projet est accompagné sur le plan scientifique par la Société Fraunhofer. Et plusieurs constructeurs automobiles allemands ont signalé leur intérêt pour une coopération.
Le professeur Werner Sobek n’a aucun mal à citer les conditions techniques nécessaires pour que la maison – dont il est l’architecte – produise l’énergie nécessaire à une voiture électrique : une bonne isolation thermique, l’utilisation raisonnée des énergies renouvelables, un mode de construction permettant le recyclage, des systèmes automatiques dans le bâtiment. Sobek est renommé à l‘international pour son expertise en matière de construction ménageant les ressources et le climat. Il considère tout bâtiment comme un élément du tissu urbain. « La mobilité est une composante importante de ce tissu urbain. Les architectes et les ingénieurs doivent donc intégrer des solutions adaptées à la mobilité de demain dans leurs plans. »
Le constructeur automobile Audi a récemment lancé sa « Urban Future Initiative » afin d’alimenter le débat sur les interactions entre la mobilité, l’architecture et l’urbanisme. Le fabricant allemand de maisons préfabriquées Weber Haus propose, quant à lui, un modèle de maison à haut rendement énergétique. Dépourvue de chauffage conventionnel, elle tire son énergie et sa chaleur d’une installation solaire – et recharge également une voiture électrique. Chez Weber Haus, on est convaincu que la prochaine génération de voitures fonctionnera à l’électricité et qu’il n’y a pas de meilleure station-service que sa propre maison. Cette entreprise coopère avec le constructeur automobile Mitsubishi qui fournit son petit modèle de voiture électrique, l’i-MiEV. Comme le projet de Sobek à Berlin, cette collaboration mise elle aussi sur le recyclage de la batterie de la voiture électrique : lorsqu’elle faiblit, on l’utilise comme accumulateur d’énergie dans la maison.
A partir de 2012 à Berlin, une famille de quatre personnes découvrira dans la Fasanenstrasse ce que vivre dans une maison high-tech et avec une voiture électrique signifie concrètement. Un an durant, elle soumettra cette maison fournissant de l’énergie à un test d’endurance quotidien, vivant à l’essai sur 130 m² et avec sa propre station d’électricité.////














