IIs enseignent dans des écoles, tra-vaillent dans des orphelinats ou donnent des conseils sanitaires : de jeunes Allemands volontaires pour s’engager au profit de la coopération au développement sont encouragés, depuis début mars, par le ministère fédéral de la Coopération économique et du Développement (BMZ), grâce à son nouveau programme Weltwärts. Il s’agit d’un programme de service volontaire s’adressant à des jeunes Allemands ; les 18-28 ans peuvent poser leur candidature. Quelque 130 organisations, travaillant pour la coopération au développement sont déjà partenaires de Weltwärts. Elles préparent de manière intensive les jeunes à leur stage à l’étranger allant de deux à 24 mois. D’ici la fin de l’année, le BMZ prévoit d’admettre 3000 jeunes dans le cadre de Weltwärts. La plupart des projets se trouvent sur le continent africain. Comment les jeunes Allemands s’engagent-ils en Afrique ? Qu’est-ce qui les motive pour leur travail? Quelles expériences font-ils ? Nous vous présentons quatre participants au programme Weltwärts.
« Job de rêve » au Burundi
Lorsque Philipp Ziser est rentré à Karlsruhe, il était sûr d’une chose : il voulait retourner au Burundi où il avait déjà travaillé jusqu’à fin 2007, pendant presque un an. Mais comment faire ? La petite association de Cologne, Burundikids, qui finance des orphelinats, des écoles et des centres de formation dans l’un des pays les plus pauvres du monde ne pouvait pas l’envoyer à ses frais dans ce pays d’Afrique orientale. Le lancement du programme Weltwärts est venu à point. Depuis mars, ce jeune homme de 25 ans a repris son travail à Bujumbura, la capitale du Burundi. « Je suis responsable de la communication entre le Burundi et l’Allemagne. Cela signifie rédiger des demandes et des rapports, collecter des dons et élargir les relations publiques ». C’est l‘emploi rêvé pour cet étudiant en journalistique ayant acquis de l’expérience dans une salle de rédaction. « Lorsque j’étais à la rédaction du journal, je savais déjà que je voulais partir pendant un an. Mais je ne voulais pas seulement voyager et chercher des petits jobs mais faire ce que j’ai appris ». Maintenant, Philipp va vivre pendant deux ans avec 65 enfants d’un orphelinat, s’occuper des projets de l’association et, en cas de besoin, conduire les enfants à l’hôpital. Les expériences qu’il fait au Burundi sont très fortes. Ce qui, dans un hôpital allemand, n’est qu’une simple opération médicale de routine, échoue ici souvent, faute de médecins ou d’équipements techniques. Pourtant, les bons moments l’emportent. « Lorsque, le soir, je rentre à l’orphelinat, les enfants accourent à ma rencontre et j’oublie tous mes soucis. » Tout comme lorsqu’il voit qu’une femme réussit, grâce à un microcrédit de 50 euros, à créer une petite affaire et bâtir son avenir. Ses enfants peuvent alors aller à l’école. « Ce qui nous pousse, c’est de voir que cela peut fonctionner. » Cela motive Philipp : « Je peux imaginer qu’un jour je mettrai sur pied un projet pour former de jeunes journalistes. »
Bourses d’écoliers pour l’Afrique du Sud
Johanna Lichtenberg (experte en histoire des civilisations, 24 ans) et Max Reichel (futur professeur, 23 ans) travaillent depuis avril pour « Rencontres interculturelles AFS » au bureau local de Johannesburg. Ils connaissent tous deux cette organisation d’échanges : Max a fait un échange scolaire d’un an aux Etats-Unis grâce à AFS et Johanna en Afrique du Sud. « C’est bien de revenir et de travailler pour l’organisation qui nous a aidés auparavant », raconte Johanna. « Nous savons par expérience à quel point le séjour à l’étranger nous a marqués. Nous voulons que d’autres élèves puissent aussi en profiter. » Au bureau local, elle développe un concept de marketing, s’occupe des relations publiques et des contacts avec les écoles. « En Allemagne, il est normal que les collégiens et lycéens fassent un séjour à l’étranger, ici cela ne l’est pas encore. Nous essayons aussi de le permettre à des jeunes de milieu défavorisé, par exemple en obtenant une bourse », dit-elle pour expliquer son travail. C’est ainsi que la jeune femme organise cette année, à l’occasion du 50e anniversaire de l’AFS en Afrique du Sud, une grande course sponsorisée. Max s’est engagé pour l’AFS en Allemagne et continue en Afrique du Sud. Il s’occupe de formation interculturelle et encadre les nombreux bénévoles d’AFS, mais aussi les familles d’accueil. L’étudiant de Kiel est impressionné par l’engagement de ces familles dont beaucoup vivent dans des townships. Selon Max, « les gens sont très intéressés. Nombre d’entre eux n’ont pas d’argent pour voyager à l’étranger. Ils accueillent des collégiens pour faire entrer le monde chez eux. » Il fait encore de nouvelles expériences interculturelles. « Il faut beaucoup de patience lorsque l’on a un rendez-vous. En Allemagne, on téléphonerait au bout de cinq minutes d’attente pour savoir ce qui se passe. Mais je ne sais pas encore très bien combien de retard je dois prévoir. »
Formation scolaire pour les enfants des rues
« Aller en Afrique – cela a toujours été mon rêve », raconte Marianne Schaaf. Elle voulait connaître les gens et la culture et se rendre utile. « Le programme Weltwärts est arrivé au bon moment », explique l’infirmière diplômée. Depuis plus de six mois, cette jeune femme de 21 ans travaille maintenant à la GLONA Healthcare and Vocational Academy à Accra, un organisme offrant des formations alternatives et des soins médicaux élémentaires à des personnes défavorisées. Elle fait partie des premiers volontaires Weltwärts du Service allemand de développement (DED). En collaboration avec des volontaires du Ghana et du monde entier, elle prépare actuellement une grande campagne de nettoyage dans l’un des quartiers les plus pauvres d’Accra et informe les habitants sur des questions d’hygiène et de santé. L’après-midi, Marianne donne des cours à des enfants. Elle leur apprend l’anglais et le calcul. En riant, elle explique : « Je me fais comprendre par gestes ; il faut être créatif ». Ces nouvelles expériences ont aussi une influence sur son avenir professionnel. Lorsqu’elle rentrera en Allemagne, elle a l’intention de faire des études de sciences sanitaires – une qualification-clé pour travailler dans un pays en développement.














