mardi, 22.05.2012 06:08
 
 

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Lorsque les jeunes chercheurs et chercheuses les plus talentueux d’Allemagne participent au concours « Jugend forscht...continuer

© Stiftung Jugend forscht e. V.

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Un métier de rêve

Deutsche Welle à Bonn, avec son nouveau master « International Media Studies », offre aux jeunes journalistes de pays en développement et en transformation, pour la première fois en Allemagne, une filière exceptionnelle

Par Oliver Sefrin et Simon Koy (photo)

L’homme en costume sombre et cravate prend place dans le studio de télévision, l’air grave et tendu – il intervient à l’improviste et en direct pendant les in­formations. Le responsable de la chaîne privée de télévision géorgienne Imedi TV a pris la place des deux présentateurs informant les spectateurs des actualités sur des écrans fixés au mur. Il a la gorge nouée lorsqu’il annonce les mauvaises nouvelles : la police a fait irruption dans la salle de rédaction et la diffusion est stoppée.

Une minute plus tard, le responsable de la chaîne a terminé son allocution – et, d’un clic, Amalia Oganjanyan met fin à la vidéo de YouTube sur Imedi TV que l’étudiante de Géorgie vient de présenter à ses camarades. L’exemple de la fermeture provisoire de la chaîne d’opposition en 2007 s’applique tout à fait au thème de la matinée : au séminaire de la Deutsche Welle (DW) à Bonn, il porte sur la liberté de la presse et le rôle des médias face à la mondialisation. Cette dernière est aussi le point commun des participants au cours : les 22 jeunes journalistes, entre 20 et 30 ans, ont passé leur premier examen, ont l’expérience des médias, viennent de 13 pays d’Europe, d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine et sont de véritables pionniers. Ils font partie de la première année de cette filière existant pour la première fois sous cette forme en Allemagne, appelée « International Media Studies ». En septembre, Deutsche Welle, la radiotélévision internationale allemande, et sa DW-Akademie pour les formations en journalisme ont inauguré un cycle de quatre semestres en allemand et en anglais pour un master, avec le soutien du ministère fédéral de la Coopération économique et du Développement et du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie et en partenariat avec l’Universität Bonn et la Hoch­schule Bonn-Rhein-Sieg.

Christoph Schmidt, responsable de cette filière de la DW-Akademie a reçu quelque 700 demandes du monde entier. Il indique que la formation allie la théorie à la pratique. En plus du journalisme, le management et l’économie des médias, tout comme le développement de médias, les médias et la culture en sont les points forts. Il y a aussi un autre objectif important : éveiller la compréhension pour les rapports en matière de médias, de politique et de société ainsi que le rôle du journalisme critique pour la démocratie. En Allemagne, la liberté d’opinion est protégée constitutionnellement par l’article 5 de la Loi fondamentale. Les journalistes peuvent s’exprimer librement sans craindre la censure et jouent ainsi un rôle important de contrôle. C’est pourquoi Schmidt précise : « Avec notre filière, nous voulons contribuer à former des journalistes professionnels faisant des reportages objectifs et qui soutiennent la démocratie et la transparence sociale dans les pays en développement et les pays émergents ».

Rodrigo Rodembusch sort de la salle du séminaire, la tête encore pleine d’expressions nouvelles liées à la radio et à la télévision ou à la liberté d’opinion et d’information. Il vient d’assister à un cours sur le « droit des médias ». Ce Brésilien de 34 ans est journaliste diplômé et est un professionnel des médias. En 2008, il avait déjà travaillé huit ans dans son pays au service de la radio et de la télévision, dernièrement comme rédacteur en chef d’une chaîne de radio à Porto Alegre. En tant que correspondant, il a fait des reportages sur les élections présidentielles aux États-Unis et sur la Coupe du monde de football en Allemagne. Il a déjà aussi acquis une expérience journalistique à Deutsche Welle. Maintenant, il est de retour à Bonn. Un rédacteur en chef qui se remet aux études, est-ce possible ? « Je veux évoluer et transmettre ensuite à d’autres journalistes au Brésil le savoir acquis pendant ces études », explique Rodrigo Rodembusch dans un allemand presque parfait. Il pourrait aussi devenir professeur d’université et enseigner à de futurs journalistes. L’enthousiasme qu’il dégage lui permettrait certainement d’être un professeur très apprécié et le diplôme de master s’y prête tout à fait.

La pause déjeuner est terminée, les cours reprennent : journalisme II. Il s’agit d’investigation en matière de journalisme et de la façon de savoir si un thème a fait l’objet d’une enquête sérieuse et si les sources sont sûres. Dans une salle appelée Newsroom, les étudiants sont assis devant des ordinateurs et des écrans plats sont accrochés aux murs sur lesquels Almuth Schell­peper, chargée de cours, explique en anglais les guidelines for evaluating sources.

Chen-Cheng Zhou, étudiante chinoise de 23 ans, prend des notes. En 2008, elle a obtenu un diplôme en littérature et civilisation allemandes à la Communication University en Chine et a découvert l’Allemagne lors d’un échange à la Ruhr-Universität à Bochum. Selon elle, il lui manque encore un savoir théorique en journalisme. Elle veut maintenant combler ces lacunes à Deutsche Welle et est enthousiasmée par l’atmosphère internationale d’étude dans laquelle elle peut apprendre tant de choses.

Pendant le cours, des exercices d’investigation font suite à la théorie. Almuth Schellpeper distribue aux étudiants des copies d’articles en anglais. Mantegaftot Sileshi Siyoum prend l’un des textes et en discute avec des camarades du Kenya, de Jordanie et du Venezuela. Cet Éthiopien de 29 ans a étudié à Addis-Abeba, a fait une expérience en tant que réalisateur de film et a fondé une agence de publicité. En 2007, il a fait un stage à DW, à la rédaction en amharique pour laquelle il continue de travailler après son stage de langue étrangère. Chaque semaine, il produit un magazine pour les jeunes. Lorsqu’il a entendu parler des études pour un master, il a tout de suite su que cela lui convenait. Il se passionne surtout pour les questions portant sur la liberté des médias – un sujet particulièrement sensible pour les journalistes d’Afrique de l’Est.

15h30 : après une heure et demie de théorie et de conseils pratiques, Almuth Schellpeper, chargée de cours, distribue quelques documents à lire pour le lendemain. Pour les 22 étudiants, la journée de cours s’achève. Rodrigo Rodembusch, lui aussi, range ses affaires. Il veut encore approfondir ses recherches pour lui-même – à la maison, devant la télévision. Pour le jeune journaliste, c’est l’endroit idéal pour continuer d’améliorer son allemand.

28.10.2009
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