mardi, 22.05.2012 05:58
 
 

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Concours « Jugend forscht » : l’Allemagne en quête des meilleurs jeunes talents

Lorsque les jeunes chercheurs et chercheuses les plus talentueux d’Allemagne participent au concours « Jugend forscht...continuer

© Stiftung Jugend forscht e. V.

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Des études pour la reconstruction

L’Allemagne soutient la reconstruction des sciences et des universités dans des régions en crise comme l’Irak et l’Afghanistan et promeut les échanges universitaires avec des programmes spécifiques de bourses

Par Oliver Sefrin

Si tu veux devenir un bon ingénieur, il te faut aller en Allemagne. » L’Irakien Ahmed Al-Mudhafar se souvient bien du conseil que lui donnait son père. « Après mon master à l’université de Bagdad, je rêvais de passer mon doctorat en Allemagne. » Cet étudiant de 28 ans s’est beaucoup rapproché de son objectif. Il est en Allemagne depuis la mi-juin et l’un des 31 étudiants irakiens qui ont été choisis pour être les premiers participants à un nouveau programme de bourses d‘étude. A partir d‘octobre 2009, ils étudieront pour passer un master ou un doctorat dans une université allemande. Les bourses font partie d’un nouvel accord entre l’Office allemand des échanges universitaires (DAAD) et le ministère de l’Education irakien qui assument chacun la moitié des frais. Jusqu’à 100 étudiants et doctorants irakiens profiteront chaque année de ce nouveau programme. Ce partenariat universitaire, qui fait partie d’un programme spécifiquement mis sur pied pour l’Irak par le ministère fédéral des Affaires étrangères, comprend tout un train de mesures pour la reconstruction universitaire du pays. Outre les nouvelles bourses, un programme de partenariat constitue le deuxième élément important. L’un de ses objectifs à long terme est la création d’une université germano-irakienne.

Mais, pour l’instant, Ahmed Al-Mudhafar et ses camarades irakiens Hussein Al-Hashimi et Mohan Hassan Aleatbi ne voient pas si loin. Après un cours d’allemand en ligne, ils apprennent maintenant l’allemand dans une école de langue à Francfort. Dans quelques semaines, leurs chemins se sépareront. Pour passer leur master ou leur doctorat, les trois futurs ingénieurs iront à l’Université technique de Munich, à l‘université d’Erlangen-Nürnberg et à l’université de Siegen – où ils rencontreront peut-être d’autres boursiers du DAAD venant de leur pays. Car dès aujourd’hui, et indépendamment du nouveau programme, plus de cent étudiants et jeunes chercheurs irakiens obtiennent une bourse du DAAD pour étudier en Allemagne.

L’une d’elles est Lamya Yousif. Cette Irakienne de 30 ans a fait des études de médecine à Bagdad et travailla ensuite dans un hôpital. Elle vint à l’université de Mayence fin 2004. « L’Allemagne est réputée comme pays d‘études ; c’est pourquoi je souhaitais poursuivre ma formation ici. » En 2007, elle obtint son European Master of Science in Epidemiology et travaille maintenant à l’Institut d’épi­démiologie du C.H.U. de Mayence pour préparer son doctorat. « L’épidémiologie est une discipline importante. Nous étudions les causes et l’impact des maladies. » Après son doctorat, Lamya Yousif veut retourner en Irak. Ses connaissances en médecine y seront demandées : les maladies provoquées par les dommages subis par l’environnement représentent un risque réel dans un pays qui a si longtemps été en guerre.

Il existe également une coopération universitaire avec l’Afghanistan où l’Alle­magne, dans le cadre du concept du gouvernement fédéral pour l‘Afghanistan, œuvre beaucoup à la reconstruction civile. L’Institut de recherches et de politique du développement (IEE) de l’Université de la Ruhr à Bochum n’a cessé depuis 2002 d’étendre cette coopération avec des fonds provenant du Pacte de stabilité en Afghanistan et avec le soutien du DAAD. L’IEE, qui entretient des contacts avec l’Afghanistan depuis de nombreuses années, propose surtout des formations pour les professeurs d’économie. Il soutient la reconstruction des facultés d’économie et de gestion de plusieurs universités afghanes et a élaboré avec elles des cursus de bachelor et de master d’économie et de gestion.

Un nouveau projet a démarré en décembre 2008 à l’université d’Erfurt : des cadres afghans âgés de 25 à 35 ans participent à un projet d’études unique en son genre à ce jour et lancé par le ministère fédéral des Affaires étrangères et le DAAD : un cursus de master en Public Policy. La première promotion, composée de 15 étudiants, suit depuis le mois de décembre 2008 des cours à l’Erfurt School of Public Policy (ESPP) et y apprend comment parvenir à une bonne gouvernance. Les études durent trois ans : une année préparatoire pendant laquelle les participants prennent des cours d’allemand intensif, puis deux ans pour préparer en anglais un Master of Public Policy mettant l’accent sur la gestion des conflits. Les Afghans et leurs camarades venus du monde entier y étudient des sujets politiques, économiques et administratifs.

« Ils apprennent par exemple comment une administration peut lutter contre les problèmes de corruption ou de drogue et analysent les stratégies permettant de les résoudre », explique le professeur Dietmar Herz qui est aussi le directeur de l’ESPP. Des connaissances importantes qui peuvent contribuer à la stabilisation des jeunes démocraties et ouvrent les perspectives professionnelles les plus diverses aux par­ticipants. Mohammad Hossain Torabi veut travailler dans une université af­ghane : « Je veux y donner des cours car nombre d’universités manquent d’enseignants qualifiés », explique cet étudiant qui a déjà une expérience du secteur bancaire. Le master de l’ESPP l’intéresse parce qu’il associe l’économie et la politique et il apprécie les conditions d’études à Erfurt : un niveau universitaire élevé, un grand choix bibliographique, des camarades ouverts et une ville sympathique. De retour en Afghanistan, Torabi veut aussi mettre en pratique ses connaissances en économie, par exemple en créant un parc d’éoliennes dans sa région natale près d’Herat. Avec l’expérience qu’il a acquise en Allemagne, il pourrait faire fructifier ce projet et contribuer à l’avenir de son pays.

17.07.2009
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