Il n’y a pas de pénalty ni de hors-jeu. L’amitié, le respect et le fair-play comptent plus que les buts. Jusque-là, les deux équipes sont d’accord. Les jeunes sont assis par terre et conviennent des règles. La partie commence. A Soshanguve, la plus grande township de la banlieue de Pretoria, la capitale sud-africaine, le vent soulève le sable rouge du terrain de jeu. Mais cela ne dérange pas les nombreux jeunes, tous passionnés de foot. C’est la journée du foot de rue, enfants et adolescents se rendent à cette manifestation organisée par le forum de la jeunesse local avec l’appui de la Deutsche Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit (GTZ – Société allemande de coopération technique). Et, de semaine en semaine, ils sont toujours plus nombreux à y venir.
Le projet « Aider au développement de la jeunesse par le football » draine des jeunes qui traîneraient sinon dans la rue. Les dangers sont nombreux dans les townships, violence, criminalité, drogues, sida et un taux élevé de grossesses chez les jeunes filles. « Nous associons la passion des jeunes pour le foot à des mesures éducatives », souligne Gerald Guskowski, de la GTZ. Le foot devient alors une voie menant à la paix et au renoncement à la violence, un moyen de lutter contre la drogue, la pauvreté ou le sida. « Nos activités donnent une perspective aux jeunes », explique Guskowski. Cela a été le cas pour Calvin Magubane. Calvin a été renvoyé de l’université, il était devenu membre d’un gang et ne savait plus que faire de sa vie. « Le foot de rue m’a donné confiance en moi. Je sais maintenant qui je suis et ce que je veux », explique-t-il. Aujourd’hui, il organise le foot de rue à Soshanguve pour le forum des jeunes. « Je veux être un modèle pour les plus jeunes que j’entraîne et les aider à sortir d’une situation sociale difficile. Nous abordons les problèmes avec franchise. » Aujourd’hui, Calvin travaille comme entraîneur pour le Gauteng Sports Council. Il a économisé de l’argent et veut achever ses études de sport. Le sport peut être un moyen d’apprendre à vivre, c’est à cela que sert le foot de rue. « Les enfants et les adolescents reproduisent chez eux le comportement positif qu’ils acquièrent sur le terrain », explique Mpho Ramela qui, avec ses 21 ans, est un footballeur doué et l’un des entraîneurs des plus jeunes.
La GTZ peut déjà se targuer de nombreuses réussites avec ce type de projets. En coopération avec son partenaire principal, le ministère du Sport sud-africain, la GTZ sélectionne des organisations locales qui travaillent déjà dans ce domaine et les aide à étendre leurs activités. Les expériences ainsi acquises sont ensuite échangées par l’intermédiaire d’un réseau international. En 2007, des projets ont d’abord été lancés dans les provinces sud-africaines de Mpumalanga et d’Eastern Cape ainsi qu’à Pretoria. De nouveaux projets sont en cours d’organisation à Western Cape et dans les townships de la grande banlieue de Johannesburg. De premiers projets existent également depuis le début de l’année 2008 au Ghana, qui organise la Coupe d’Afrique en 2008, et la GTZ prévoit d’étendre ses activités à dix autres pays africains. Le fair-play pourrait alors bientôt l’emporter chez les jeunes du Lesotho, de Namibie, du Botswana, de Zambie et de Mozambique.
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