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La KfW Entwicklungsbank soutient des projets dans 16 États européens

L’énergie, vecteur de croissance

La KfW s’engage dans 16 pays européens en faveur d’un développement économique durable. Elle privilégie les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique

Par Henrike Rossbach

La chute du Rideau de fer en 1989 a fait démarrer un gigantesque processus de transformation dans les anciens États du bloc de l’Est au début des années 90. Depuis, quelques-uns de ces pays sont même membres de l’Union européenne : en 2004, la République tchèque, la Slovaquie, la Pologne, la Hongrie, les pays baltes et la Slovénie ont fait partie de la première vague d’élargissement à l’Est de l’UE ; s’y sont ajoutées, en 2007, la Roumanie et la Bulgarie. Ces pays et l’« ancienne UE » affichent, certes, des trains de vie très différents. Mais au-delà des frontières de l’Union, la situation est nettement plus délicate. Dans un grand nombre d’États de l’Europe orientale et du sud-est ainsi qu’au Caucase, la transformation n’est pas achevée et l’infrastructure souvent en mauvais état. Partout, il faudrait investir des milliards. Sans compter que règnent, dans certains États, l’insécurité juridique, une bureaucratie excessive et la corruption. L’ambiance de renouveau et l’esprit d’entreprise sont bel et bien présents, mais il n’empêche que les PME ont souvent du mal à trouver des capitaux.

Toutes ces raisons font que la KfW a été chargée par le ministère fédéral de la Coopération économique et du Développement (BMZ) de se mobiliser dans 16 États européens. Bien que, selon la KfW Entwicklungsbank, des intérêts de sécurité et de politique extérieure, de sécurité énergétique et des matières premières ainsi que de protection du climat soient également en jeu, les objectifs prioritaires de la KfW sont la lutte contre la pauvreté, la création d’emplois et la résolution de conflits. Aux dires du ministère, la « collaboration financière » de la KfW est, quant à son volume, l’instrument le plus important de la coopération allemande au développement.

La KfW dispose de divers instruments de financement. En 2007, les promesses d’aide ont totalisé 3 milliards d’euros, dont 803 millions de subventions et 277 millions de prêts avantageux à long terme. Sur la somme totale, 579 millions étaient des crédits au développement. Ils concernent surtout les pays à économie plus forte et consistent en fonds budgétaires ou en fonds que la KfW emprunte sur le marché des capitaux. Cette formule mixte permet d’offrir des intérêts à des conditions plus avantageuses que le marché des capitaux normal. Le quatrième instrument de financement est le crédit de promotion, mis en place en 2003. Avec un volume de 1,26 milliard d’euros en 2007, il représentait nettement plus d’un tiers de l’aide totale. La banque réserve ces crédits aux projets qui lui paraissent rentables en termes de gestion. Ils consistent uniquement en fonds de la KfW qui assume seule le risque. Les crédits de promotion sont censés faire le pont entre les crédits au développement et le marché libre des capitaux.

En Europe, la KfW privilégie le secteur énergétique. « Il revêt une importance décisive pour un développement économique durable », dit Kirk Mildner, de la KfW. Sans un bon fonctionnement de l’industrie énergétique, poursuit-il, il ne peut y avoir de croissance durable, les conditions économiques offertes aux investisseurs directs étrangers et aux PME nationales restent médiocres, de même que les conditions de vie de la population. L’aide est ciblée sur les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique, notamment dans les Balkans. Jusqu’ici, 500 millions d’euros de subventions et de crédits ont été accordés à cette région ou fait l’objet d’un engagement ferme. 250 millions d’euros supplémentaires sont disponibles à cet effet, dit M. Mildner.

Outre la coopération intergouvernementale avec le pays partenaire, avec les distributeurs nationaux d’énergie ou avec les banques de développement étatiques, il existe aussi des projets pour lesquels la KfW propose des lignes de crédit à des banques commerciales privées, et ce pour leur permettre d’octroyer ces crédits à des entreprises, notamment en vue d’investissements énergétiques. On trouve un projet de ce type dans les Balkans, explique Burkhard Hinz, gestionnaire de projet de la KfW pour cette région. « Il a fallu commencer par convaincre », dit-il. « L’énergie était si bon marché que cela ne valait pas la peine de faire des économies. » Entre-temps, le prix de l’électricité a augmenté dans les Balkans et les investissements destinés à améliorer l’efficacité énergétique sont de plus en plus rentables. Les succès enregistrés par la KfW en Europe et spécialement dans les Balkans sont « évidents », approuve M. Mildner en donnant l’exemple de centrales hydroélectriques dont la durée de vie a été augmentée de plusieurs années. S’ajoute à cela un deuxième effet : la coopération transfrontalière entre les États.

En dehors des Balkans, l’Ukraine est un pays partenaire important. Un gros fonds y a notamment été mis en place qui servira à accorder des crédits aux PME. Au départ, la coopération s’est concentrée sur le système bancaire et sur les PME. Depuis, l’efficacité énergétique est passée au premier plan. À titre d’exemple, la KfW a accordé à une banque ukrainienne une ligne de refinancement pour lui permettre d’allouer des crédits de modernisation à des particuliers et à des entreprises.

18.07.2008
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