Monsieur Schmidt, parallèlement aux Championnats d’Europe de football, des représentants du Comité Organisateur Local (COL) en Afrique du Sud ont pu obtenir de Danny Jordaan qu’il en prenne la direction pour la Coupe du Monde 2010 et ont donné une image très positive de l’avancement des préparatifs. Ce n’est toutefois pas un secret que certaines difficultés demeurent.
Il est tout à fait normal que les responsables, dans le cadre de la Coupe du Monde 2010, aient exposé aux journalistes les particularités du pays et les buts à atteindre. Mais il était plus important encore qu’un grand groupe d’observateurs d’Afrique du Sud ait suivi les Championnats d’Europe, du début à la fin. De nombreux membres du COL ainsi que les dirigeants et les cadres du COL se sont rendus sur place, car l’Euro 2008 était la dernière grande manifestation de football servant de modèle pratique avant que les choses sérieuses commencent en Afrique du Sud en 2009 avec la Coupe des Confédérations.
Qu’ont-ils observé ?
Tout. Le déroulement pratique de l’organisation du stade, l’encadrement des équipes, la billetterie, les ventes dernière minute de billets, l’application du protocole, le travail des médias, l’accréditation, les services d’hospitalité et les stades, mais aussi le programme Volontaires.
A-t-on fait des découvertes ?
On a constaté, et ce n’est pas nouveau, que pour une manifestation de cette envergure il faut beaucoup de souplesse. A Bâle, par exemple, il a fallu renouveler la pelouse à la dernière minute, juste avant le quart de finale. Après la finale on a, au siège de la FIFA à Zurich, procédé à une analyse des résultats et on doit prochainement en tenir compte.
Récemment, une interview de Joseph Blatter, président de la FIFA, a fait beaucoup de bruit. Il a parlé d’un plan B et a confirmé ainsi, pour la première fois, l’éventualité de déplacer la Coupe du Monde vers un autre pays.
Il convient de rester dans le contexte : le président de la FIFA a évoqué un cas de catastrophe naturelle – et il serait un mauvais président s’il n’avait pas prévu d’alternative. Je considère que le processus pour la Coupe du Monde engagé en Afrique du Sud est irréversible. Les récents actes de violence font que l’on se consacrera davantage encore aux concepts de sécurité. En dépit de tous ces reportages, nous devons laisser la place au fair-play et ne pas donner trop d’importance aux informations négatives, comme il y en a d’ailleurs aussi eu en Allemagne avant la Coupe.
Quelles sont les priorités cette année ?
La question du logement des équipes est d’actualité. Le COL va établir un catalogue avec plus de 80 possibilités d’hébergement. Les hôtels ne sont pas le problème – ils sont assez nombreux – mais il doit y avoir suffisamment de possibilités d’entraînement à proximité et celles-ci, pour la plupart, restent à construire. D’ici début 2009, au plus tard, tout doit être fini car différents pays veulent venir se rendre compte sur place et faire des projets avant même la fin des matches de qualification en octobre 2009.
On a appris que des équipes seraient hébergées dans des pays voisins, afin de souligner le caractère de la Coupe du Monde dans toute l’Afrique.
On a envisagé que des équipes soient logées en Namibie, au Lesotho, au Mozambique, au Botswana ou au Zimbabwe. Entre-temps, la FIFA a décidé que pendant toute la durée des championnats, les participants doivent loger sur le sol sud-africain. On peut comprendre cette décision car il est indispensable d’assurer une sécurité absolue pour toutes les équipes. Cela est plus facile de manière centralisée que décentralisée.
Que faites-vous exactement pour la Coupe du Monde 2010, en tant que conseiller ?
Il s’agit de transférer autant que possible ce que l’on a appris lors de la Coupe du Monde 2006 pour pratiquement toutes les questions d’organisation et de financement et pour le développement de bons concepts pour 2010. Il ne faut cependant pas oublier que la décision en matière de concepts revient toujours à la FIFA et au COL et que le conseiller rentre alors dans l’ombre.
Etes-vous souvent en Afrique du Sud ?
J’y passe, en moyenne, une semaine par mois.
Vous y installerez-vous complètement en 2009 ou 2010 ?
Non. Je suis encore trésorier de la DFB et j’ai des obligations en Allemagne. Mais il est bien possible qu’à l’avenir mes séjours dépassent une semaine par mois.
Remarquez-vous déjà en Afrique du Sud une sorte d’euphorie entraînée par la Coupe du Monde ?
Lors de conversations avec de nombreuses personnes j’ai constaté qu’il y a une grande attente et un soutien dans toutes les catégories de population. Plus la date des événements se rapprochera, plus on le remarquera auprès du public. Tout comme c’est le cas pour tous les grands événements, sur tous les continents.
Jordaan, directeur du COL, a déclaré que son rêve serait que chaque Africain profite de la Coupe du Monde comme opportunité pour l’unité, la stabilité, la tolérance et le développement économique. De grands mots – mais est-ce réaliste ?
Je comprends tout à fait les visions liées à la Coupe du Monde qu’ont développées les responsables en Afrique du Sud. Compte tenu du large soutien que l’Afrique du Sud reçoit des autres nations du continent, ces visions ne sont certainement pas une utopie.
Si vous aviez un souhait à faire se rapportant à la Coupe du Monde 2010, quel serait-il ?
Ce souhait est très simple : que la Coupe du Monde soit pacifique et d’un très haut niveau sportif, avec un rayonnement que tous les participants espèrent.














