samedi, 19.05.2012 16:38
 
 

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Lorsque les jeunes chercheurs et chercheuses les plus talentueux d’Allemagne participent au concours « Jugend forscht...continuer

© Stiftung Jugend forscht e. V.

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Interview

Un filet de sécurité pour l’euro

Une interview de Klaus Regling : le directeur général du Fonds européen de stabilité financière parle de l’aide aux pays de la zone euro, de la confiance en cette monnaie et de la gestion future des crises.

M. Regling, vous dirigez depuis le 1er juillet 2010 le Fonds européen de stabilité financière (FESF) qui contracte des emprunts au profit des pays en difficulté financière dans la zone euro. Votre tâche consiste, pour ainsi dire, à « ouvrir un parapluie » au-dessus de l’euro. Est-ce prometteur ?

L’EFSF met temporairement des liquidités à la disposition des pays de la zone euro qui n’ont plus accès aux marchés des capitaux à des taux acceptables. Ces crédits sont liés à des conditions strictes en matière d’assainissement du budget et d’amélioration de la compétitivité du pays concerné. Au Fonds monétaire international, cette approche fait ses preuves depuis de longues années, presque tous les pays soutenus par le FMI ont fini par revenir sur les marchés. Le FESF fonctionne de la même manière. Nous achetons en fait du temps pour les pays en difficulté. Mais les pays doivent remplir eux-mêmes les conditions nécessaires au recouvrement de leur solvabilité.

Votre tâche consiste à gagner la confiance des investisseurs. Quels sont les arguments en faveur de l’euro ? Et quelle est la con­fiance dans cette monnaie en dehors de la zone euro ?

L’euro symbolise le plus haut niveau d’intégration européenne. La monnaie commune a en outre été une belle réussite dans sa première décennie. Elle a soutenu le marché intérieur européen et favorisé les échanges. En moyenne, l’inflation a été plus faible qu’à l’époque du deutsche mark au cours des 50 ans précédents. Aujourd’hui, l’euro est aussi la deuxième monnaie de réserve dans le monde. Cela reflète bien la confiance dont jouit la monnaie commune à l’international. Et en ce qui concerne les emprunts du FESF, ils obtiennent les meilleures notes possibles des grandes agences de notation. L’intérêt des investisseurs pour les bonds FESF est très important dans le monde.

Quels pays ont fait appel à votre aide à ce jour ? Quel est le montant maximum que peut fournir le FESF ? Et pour combien de pays cet argent suffit-il ?

A ce jour, l’Irlande est le seul pays de la zone euro à avoir demandé une aide fi­nancière du fonds de secours. Dans les deux années à venir, le FESF accordera à l’Irlande des crédits d’un total de 17,7 milliards d’euros. Cela correspond à moins de 10 % du cadre total de l’aide que le FESF peut mobiliser. Les fonds sont donc suffisants pour l’instant.

Vous avez déclaré « Nous emprunter de l’argent ne sera pas bon marché ». Quels avantages en tirent les investisseurs et les citoyens ?

Le monde politique a décidé, et à juste titre, de ne pas prêter de l’argent bon marché aux pays en difficulté. Préserver son accès aux marchés des capitaux par une politique budgétaire solide et une politique de réformes continue relève de la responsabilité de chaque pays. Néanmoins, si la solvabilité d’un pays venait à disparaître, le fonds de secours reste un dernier recours. La marge que nous pré­levons sur nos coûts de refinancement sert d’une part à constituer une réserve en liquide, nécessaire pour obtenir une notation triple A, et d’autre part de prime rétrocédée aux pays apportant leur garantie une fois que le FESF a remboursé toutes les dettes. Le budget fédéral allemand en profitera lui aussi.

La création du FESF a soulevé des critiques en Allemagne et au niveau international. Le FESF était-il incontournable ? Quelles auraient pu être les alternatives ?

L’Union économique et monétaire européenne a été lancée il y a plus de dix ans sans le filet de sécurité d’un mécanisme permettant de surmonter les crises. Cela s’est avéré être un problème pendant la crise de l’endettement car la zone euro, avec ses 17 pays souverains, ne dispose pas d’un centre de sauvetage fiscal, contrairement aux Etats-Unis et à Washington. C’est pourquoi les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE ont décidé à la mi-décembre de créer un mécanisme permanent de gestion des crises, le Mécanisme européen de stabilisation financière (MESF) qui coiffera le FESF. Les discussions sur la forme concrète que prendra le MESF s’achèveront d’ici au mois de mars.

En simplifiant, peut-on dire que tout ira pour le mieux lorsque le mécanisme per­manent de gestion des crises entrera en action en 2013 ?

Le mécanisme de gestion des crises n’est qu’un élément dans un train de mesures globales avec lequel l’Europe réagit à la crise de l’endettement. Outre une meilleure gouvernance économique, c’est-à-dire une coordination plus stricte des politiques budgétaires et une surveillance systématique des politiques économiques, l’UE prévoit aussi de mieux réguler les marchés financiers. Depuis le début de cette année, trois nouveaux organismes européens de surveillance contrôlent les banques, les as­surances et les marchés des valeurs sur le marché unique. Par ailleurs, le nouveau Comité européen du risque systé­mique (CERS), qui est domicilié à la Banque centrale européenne, surveille la stabilité de l’ensemble du système financier. Toutes ces mesures permettent de pré­venir les crises, même si elles ne rendent pas une nouvelle crise financière totalement impossible à l’avenir. De nombreux dispositifs de sécurité seront intégrés et freineront largement l’apparition de nouveaux bouleversements dans le secteur économique et sur les marchés. ////

Interview : Martin Orth

Klaus Regling

Ce grand fonctionnaire européen dirige depuis juillet 2010 le Fonds européen de stabilité financière (FESF). Celui-ci aide les pays de la zone euro en difficulté et se transformera en un mécanisme permanent de gestion des crises en 2013.

11.01.2011
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