samedi, 19.05.2012 16:31
 
 

Actualité

Concours « Jugend forscht » : l’Allemagne en quête des meilleurs jeunes talents

Lorsque les jeunes chercheurs et chercheuses les plus talentueux d’Allemagne participent au concours « Jugend forscht...continuer

© Stiftung Jugend forscht e. V.

Actuel

Afrique

Le Burundi et le Bade-Wurtemberg, toute une histoire !  

Afrique

"L'Afrique aura ce qu'on veut bien lui donner"  

Afrique

Des soldats de la paix débarquent à Bissau  

Portrait

Un talent vert

Le Kenyan Mike Otieno, avec l’aide allemande, fait de la recherche sur le traitement durable du béton armé et contribue...continuer

Manifestations

El Greco et la modernité

Le grand maître et ses admirateurs continuer

La météo de Deutschland

Lien actuel

Le nouveau portail de la culture française

Les grands classiques du cinéma français, des expositions d’artistes français ou encore des cours de langues en...continuer

Lien actuel

CIDAL

Centre d‘information et de documentation sur l‘Allemagne. Crée à l'initiative du gouvernement allemand, le CIDAL a pour...continuer

Bookmarks
| |

INNOVATION ET EXCELLENCE

Un groupe se réinvente

Siemens a misé tôt sur les technologies vertes. Ses activités dans ce domaine prospèrent et représentent 40 % de son chiffre d’affaires.

Par Chris Löwer

LA VILLE DE MASDAR CITY dans le désert des Emirats arabes unis est depuis longtemps synonyme de la ville de demain qui économise les ressources. En cours de création pour quelque 20 milliards de dollars dans la péninsule arabe, cette ville sera la première cité au monde neutre en CO2, servant ainsi de vitrine aux performances des technologies vertes innovantes. Siemens contribue activement à sa réalisation. En effet, le groupe munichois s’est transformé à une vitesse époustouflante en un « géant vert » et est maintenant le plus grand fournisseur au monde de technologies environnementales. À Masdar, Siemens installera entre autres un réseau électrique intelligent (smart grid) et l’associera à des équipements techniques dans les bâtiments très efficaces sur le plan énergétique. Un jour, 50 000 personnes vivront et travailleront ici, dont des collaborateurs de Siemens. Car la centrale du groupe pour les activités au Proche et au Moyen-Orient ainsi qu’un centre de compétence pour l’équipement technique des bâtiments s’y installeront.

Cela ne fait plus aucun doute. Siemens, cet ancien groupe mixte aux activités multiples, affiche désormais un profil stratégique. Son P.D.G. Peter Löscher oriente systématiquement les activités du groupe sur « les grandes évolutions que sont l’urbanisation, les mutations démographiques et le changement climatique », comme il l’indiquait il y a trois ans déjà au cours d’une interview où il évoquait les « immenses opportunités de croissance des technologies vertes ». Il a vu juste. Les objectifs qu’il fixait alors dans le domaine des technologies environnementales ont été atteints plus rapidement que prévu. « Avec un chiffre d’affaires de 29,9 milliards d’euros au département Environnement, nous avons largement dépassé l’objectif de 25 milliards d’euros fixé pour 2011 », annonce Löscher. Environ 40 % du chiffre d’affaires du groupe provient déjà des technologies environnementales. Et ce département continue à jouir d’une belle priorité. D’ici à fin 2014, le groupe veut faire passer son chiffre d’affaires à au moins 40 milliards d’euros.

L’environnement en profite. La société d‘audit Ernst & Young a calculé dans quelle mesure Siemens contribue à la réduction des émissions de dioxyde de carbone dans le monde : au cours de la seule année 2010, ses produits et ses technologies – depuis l’ampoule moins énergivore au parc éolien – ont contribué à ce que 270 millions de tonnes de CO2 en moins soient émises dans le monde, ce qui représente les émissions de six métropoles comme Hongkong, Londres, New York, Tokyo, New Delhi et Singapour. On compte avec quelque 317 millions de tonnes en moins pour 2011, l’impact de l’éventail d’équipements ménageant l’environnement installés depuis 2002 étant inclus dans ces calculs. Et cet éventail est large, pratiquement aucune niche écologique n’est oubliée : des bus à moteur hybride parcourant Londres et des parcs solaires livrés clés en main aux centrales à turbines à vapeur, aux installations d’épurement des eaux et aux technologies de rechargement rapide des voitures électriques en passant par le domaine très étendu des équipements « verts » dans les bâtiments.

Le Taipei 101, le plus haut édifice de Taïwan, est un projet phare en la matière. Cette tour de 508 mètres de haut est un modèle d’efficacité énergétique et a obtenu la certification LEED en platine. La distinction LEED (Leadership in Energy and Environmental Design) est une sorte d‘Oscar des bâtiments durables qui doivent, pour l’obtenir, satisfaire à des critères stricts. Chez Siemens, le département Building Technologies est largement responsable des qualités écologiques de ce gratte-ciel. Ses ingénieurs ont optimisé les systèmes automatisés du bâtiment et augmenté son efficacité énergétique, ce qui économise environ 10 % d’eau et d’électricité. Au final, le Taipei 101 consomme un tiers d’énergie de moins qu’un bâtiment conventionnel. Dans les projets comme celui-ci, c’est souvent la somme des solutions de détail qui détermine la réussite.

Les idées nouvelles sont demandées et les collaborateurs de Siemens les produisent en nombre : selon Siemens, ses salariés proposent presque 40 inventions par jour ouvré. En 2011, on recensa 8600 inventions, soit 10 % de plus que l’année précédente. La somme totale des brevets obtenus est passée de 51 300 l’année dernière à 53 300, annonce Peter Löscher. Cela l’incite à accroître les fonds consacrés à la recherche ; il voudrait les augmenter de 500 millions en 2012, ce qui les ferait passer à près de 4,5 milliards d’euros. Ce goût de l’innovation est récompensé dans le monde entier. Ainsi, le grand magazine économique chinois Global Entrepreneur décernait pour la troisième fois d’affilée le titre de meilleur centre de recherche du pays à Siemens. Er la très réputée revue technique américaine MIT Technology Review a inclus pour la première fois Siemens dans la liste des 50 entreprises les plus innovantes dans le monde.

Les possibilités de l’éolien sont loin d’être épuisées, comme le montre le parc éolien offshore Lillgrund dans l’Öresund. Récemment, Siemens a livré clés en main toute l’installation, raccordement au réseau compris, au producteur d’électricité suédois Vattenfall. Aujourd’hui, 48 turbines éoliennes dressées sur des fondations en béton hautes de 20 mètres tournent à sept kilomètres de la ville de Malmö. Lillgrund est l’un des plus grands parcs éoliens offshore dans le monde. Les hélices produisent 110 mégawatts d’électricité pratiquement sans émettre de CO2, pouvant ainsi alimenter une petite ville de 60 000 foyers. Si l’on compare avec le mix d’énergies fossiles habituel, cela évite l’émission de 300 000 tonnes de CO2 par an. Et ce n’est qu’un début. Ce marché d’avenir attire tout le secteur. Michael Süss, membre de la direction et responsable du département Energy chez Siemens, parle de « la croissance rapide de l’éolien dans le monde ». C’est pourquoi le groupe munichois a récemment concentré toutes ses activités dans ce domaine au sein du nouveau département Wind Power Division à Hambourg. Süss se réjouit d’un carnet de commande bien rempli, avec un volume record de près de 11 milliards d’euros. L’environnemental fait marcher les affaires.///

29.11.2011
Bookmarks
| |