samedi, 19.05.2012 15:36
 
 

Actualité

Concours « Jugend forscht » : l’Allemagne en quête des meilleurs jeunes talents

Lorsque les jeunes chercheurs et chercheuses les plus talentueux d’Allemagne participent au concours « Jugend forscht...continuer

© Stiftung Jugend forscht e. V.

Actuel

Afrique

Le Burundi et le Bade-Wurtemberg, toute une histoire !  

Afrique

"L'Afrique aura ce qu'on veut bien lui donner"  

Afrique

Des soldats de la paix débarquent à Bissau  

Portrait

Un talent vert

Le Kenyan Mike Otieno, avec l’aide allemande, fait de la recherche sur le traitement durable du béton armé et contribue...continuer

Manifestations

El Greco et la modernité

Le grand maître et ses admirateurs continuer

La météo de Deutschland

Lien actuel

Le nouveau portail de la culture française

Les grands classiques du cinéma français, des expositions d’artistes français ou encore des cours de langues en...continuer

Lien actuel

CIDAL

Centre d‘information et de documentation sur l‘Allemagne. Crée à l'initiative du gouvernement allemand, le CIDAL a pour...continuer

Bookmarks
| |

« La chute du Mur fait partiede ma biographie »

L’ouverture de la frontière, Ulrich Wickert l’a vécue à l’étranger. Mais le journaliste l’a vite compris : c’est en Allemagne et nulle part ailleurs que le travail sera le plus passionnant

Monsieur Wickert, le 9 novembre 1989, vous étiez correspondant de l’ARD à Paris. Comment avez-vous vécu la chute du Mur en France ?

Vers sept heures et demie du soir, un ami qui avait écouté les nouvelles sur Deutsch­landfunk m’a téléphoné. Personnellement, j’étais sur le point de sortir car j’étais invité à dîner à huit heures avec quelques journalistes français chez l’ancien ministre auprès de la Chancellerie de Willy Brandt, Horst Ehmke. Je lui en ai immédiatement parlé et sa réaction spontanée a été : cela prouve que la politique de détente de Willy Brandt a triomphé.

Cela n’a-t-il pas tenté, à l’époque, le journaliste passionné que vous êtes de partir aussitôt pour l’Allemagne et d’y commenter les événements ?

Si ! 15 jours plus tard, j’étais déjà à Berlin où ma fille faisait ses études. Je me suis immédiatement rendu avec elle en RDA, à Bralitz, dans le Brandebourg, où mon père est né en 1915.

Comment les Français ont-ils réagi à ces nouvelles de Berlin ?

Le peuple français a accueilli l’ouverture du Mur comme une victoire de la « liberté », et un grand nombre de jeunes ainsi que certains politiques comme Simone Veil sont partis aussitôt pour Berlin. Les milieux politiques français, par contre, étaient horrifiés. Ils craignaient une nouvelle Grande Allemagne qui dominerait l’Europe centrale et quitterait l’OTAN et l’Union européenne.

Lorsque vous êtes revenu la première fois en Allemagne après la chute du Mur, quelle impression le pays vous a-t-il faite après votre retour ?

J’étais heureux d’avoir pu passer aux Tagesthemen (journal télévisé) en 1991. Je me retrouvais donc là où c’était le plus passionnant pour un journaliste allemand : dans sa patrie réunifiée. C’était un moment historique qui donnait l’impression d’un nouveau départ.

Vous avez été correspondant à l’étranger pendant 15 ans, présenté le journal télévisé allemand le plus réputé, mené d’innombrables interviews d’hommes politiques et commenté tous les jours la politique mondiale. Vous attendiez-vous à vivre un jour la chute du Mur ?

Cette possibilité, les étrangers l’entrevoyaient beaucoup plus que de nous, les Allemands. Les Français, par exemple, se souvenaient que l’Alsace et la Lorraine avaient appartenu à un moment donné aux Allemands. « Il faut toujours y penser et ne jamais en parler », disaient-ils à l’époque. Et ils pensaient que c’est ainsi que nous voyions également les choses. Or, en Allemagne, la partition était considérée comme une punition due à Ausch­witz. La suppression de la partition ne paraissait possible que par le déclenchement d’une nouvelle guerre entre l’Est et l’Ouest.

Dans vos ouvrages, vous vous penchez sans cesse sur l’identité alle­mande et la conscience historique des hommes. Quel rôle la chute pacifique du Mur joue-t-elle pour l’identité allemande ?

Aujourd’hui, nous constatons que l’identité allemande a considérablement changé. En 1990, j’ai publié le livre Angst vor Deutschland (La peur de l’Allemagne). Celui qui le lit aujourd’hui n’arrive pas à y croire. C’est donc comme cela que l’on voyait l’Allemagne à l’époque ? Quels progrès avons-nous faits depuis ! En 1997, j’ai consacré tout un livre à l’identité allemande : Deutschland auf Bewährung (Comment peut-on être allemand ?), mais l’Allemagne en quête de son identité n’a franchi un cap essentiel qu’un an plus tard, après l’élection de Gerhard Schröder au poste de chancelier fédéral. Il est le premier chancelier à n’avoir plus été marqué par la Seconde Guerre mondiale. Il a conduit sa campagne électorale sous la devise « Oser plus d’Allemagne ». Sa décision de participer au conflit du Kosovo, mais de ne pas suivre les États-Unis dans la guerre en Irak, a permis à l’identité allemande d’évoluer et l’a raffermie.

Pour l’exposition « Wir waren so frei … Momentaufnahmen 1989/1990 » que l’on pourra voir du 1er mai au 9 novembre 2009 au Musée du cinéma et de la télévision à Berlin, vous avez recueilli des articles de correspondants à l’étranger et des interviews de vos collègues. Que signifie pour vous la chute du Mur, 20 ans après le 9 novembre 1989 ?

Sur le plan personnel j’ai assisté à l’ouverture du Mur, à la Porte de Brandebourg vers minuit, le 20 décembre 1989 et je possède encore aujourd’hui un morceau du Mur à surface blanche, provenant donc du côté est, là où le Mur n’avait pas été couvert de graffitis. À l’époque, le président français François Mitterrand visitait la RDA et je faisais partie, en tant que correspondant de l’ARD à Berlin, des journalistes qui couvraient sa visite. C’est pourquoi j’ai encore aujourd’hui l’impression que la chute du Mur, il y a 20 ans, fait aussi partie de ma propre biographie.

Ulrich Wickert

Il est né au Japon, a fait ses classes à Heidelberg et à Paris, ses études de droit à Bonn et aux Etats-Unis : Ulrich Wickert, 67 ans, journaliste et auteur, est cosmopolite. Correspondant de l’ARD pendant 15 ans, il a apporté les dernières nouvelles de Washington, New York et Paris jusqu’aux salons des téléspectateurs allemands. De 1991 à 2006, il a marqué de son empreinte en le présentant, le journal télévisé allemand le plus important, les « Tagesthemen » (Thèmes du jour). Ulrich Wickert vit à Hambourg et dans le midi de la France.

19.03.2009
Bookmarks
| |