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Au sommet

Garmisch-Partenkirchen et la Zugspitze sont une destination très appréciée. Cette commune de Haute-Bavière accueille le CM de ski alpin en 2011 et postule avec Munich aux Jeux olympiques d’hiver de 2018.

Par Oliver Sefrin

Le chemin menant au sommet de l’Allemagne est escarpé. L’ascension dure 73 minutes et démarre sur fond de sons électroniques et de grincements mécaniques. A la gare de Garmisch-Partenkirchen, les portes automatiques des Chemins de fer bavarois de la Zugspitze se referment, le train à crémaillère bleu et blanc entame son trajet. Les passagers, presque tous en tenue de ski et de snowboard, ont ce matin la même destination : la Zugspitze, le sommet le plus élevé d’Allemagne avec ses 2962 m d’altitude, le symbole de Garmisch-Partenkirchen. Cette com­mune raffole des sports de neige. Les championnats du monde de ski alpin s’y dérouleront en février 2011 et, en juillet, toute la population attendra avec impatience l’attribution d’un événement sportif encore plus important : les Jeux olympiques d’hiver de 2018.

Le train à crémaillère grimpe lentement les 19 kilomètres de voie sillonnant un paysage enneigé. A gauche, le rude massif apparaît par intermittence à travers la couronne des arbres ; à droite, dans la vallée, le lac turquoise de l’Eibsee scintille, puis la roche engloutit le train. La dernière étape passe par un tunnel menant jusqu’au plateau de Zugspitzplatt – c’est le terminus. Les portes s’ouvrent, les skieurs et les fans de snowboard se précipitent dans la neige. La Zugspitze est le domaine skiable le plus élevé d’Allemagne. Vingt-deux kilomètres de pistes, un parc de snowboard et un village composé d’igloos les attendent sur le glacier. Le téléphérique parcourt les derniers 282 m restants, planant au-dessus des skieurs, des lifts et de la station de recherches environnementales de Schneefernerhaus, pour atteindre le véritable sommet de l’Allemagne. Sur la terrasse panoramique de la Zugspitze, la neige crisse sous les pas, il souffle un vent glacial et le thermomètre indique -10 en cette journée de novembre. La terrasse de café la plus élevée d’Allemagne et son refuge, la Münchner Haus, sont encore fermés à cette époque. Mais une messe sera célébrée dimanche dans la chapelle la plus haut perchée d’Allemagne qui a été consacrée par le pape Benoît XVI. A près de 3000 mètres d’altitude, l’air est raréfié, le regard porte loin. Par temps clair, on jouit d’un panorama composé de 400 sommets allemands, autrichiens, suisses et italiens. Une vue qui attire chaque année 450 000 touristes recherchant l’ivresse de la haute montagne. Un couple de Berlinois est là. Posant devant la Zugspitze avec, en arrière-plan, la croix dorée marquant le sommet, ils rient et s’embrassent, incarnant le bonheur d’être parvenus à une telle altitude.

Redescente à Garmisch-Partenkirchen, dans la vallée. Le maire Thomas Schmid a son propre panorama sur les montagnes. Son bureau se trouve dans la salle 39 au premier étage de la mairie. Un tableau représentant les sommets de l’Alpspitze, du Waxenstein et de la Zug­spitze est accroché au mur. Schmid a travaillé comme diplomate, terminant sa carrière à l’ambassade d’Allemagne au Canada, avant d’être élu maire en 2002. Depuis, il a poli l’image jusque-là un peu désuète de cette commune de 27 000 habitants qui a célébré son 75e anniversaire en 2011. Des fonds importants ont été investis dans l’infrastructure touristique, dans la modernisation des téléphériques par exemple. Depuis fin 2007, un autre joyau fait la fierté du village : un tremplin de saut à ski où se déroule chaque année la compétition de Nouvel An de la Tournée des quatre tremplins. « Ces investissements se sont avérés judicieux. Notre domaine skiable est à nouveau concurrentiel et le taux de remplissage des hôtels a augmenté », déclare Schmid. Il souligne que Garmisch-Partenkirchen est aussi une destination vacances le reste de l’année. L’été 2010, les touristes ont pu emprunter l’« AlpspiX » pour la première fois. Cette spectaculaire plateforme panoramique flotte dix mètres au-dessus d’un abîme de 1000 mètres. Cette source de délicieux frissons remplit le train de l’Alpspitzbahn.

Le maire Thomas Schmid, qui arbore sur sa veste le pin des championnats du monde de ski 2011, s’en réjouit. Garmisch-Partenkirchen est pour la deuxième fois depuis 1978 l’hôte du plus grand événement sportif de l’hiver 2010-2011. Sous la devise « Un festival de la neige », la commune attend du 7 au 20 février la venue de quelque 400 athlètes de plus de 70 pays. « La fièvre monte, la vente de billets est très bonne », explique Schmid. La commune est fin prête pour ces championnats : sur la Richard-Strauss-Platz, une horloge compte les jours à rebours jusqu’au jour J ; le pavillon d’information sur les championnats a ouvert ses portes un peu plus loin et 70 magasins font de la publicité dans leurs vitrines avec le logo des championnats et les posters des idoles allemandes locales, Maria Riesch et Felix Neureuther, ainsi que de vedettes internationales comme l’Américain Bode Miller. C’est une idée de Gerd Rubenbauer, le chargé des relations avec la presse de ces championnats. Le journaliste sportif est connu en Allemagne pour ses apparitions à la télévision où il a commenté 25 ans durant les compétitions du championnat du monde se déroulant à Garmisch-Partenkirchen. Aujourd’hui, notes manuscrites et courriels s’accumulent sur son bureau. Rubenbauer souligne le caractère particulier de ce championnat : « le sport et la culture y seront en symbiose ». Des concerts et des expositions sont prévus en plus des compétitions et d’une belle cérémonie d’ouverture. « Garmisch-Partenkirchen sera très vivante », affirme Rubenbauer qui part déjà à son prochain rendez-vous – portant sur le programme culturel.

Le championnat du monde est également une répétition générale pour un événement encore plus important que Garmisch-Partenkirchen espère bien obtenir : les Jeux olympiques d’hiver de 2018. La commune a posé sa candidature avec Munich et veut organiser des Jeux durables et ménageant l’environnement. Or tout le monde ne partage pas cet enthousiasme. Les critiques estiment que les Jeux sont trop onéreux et qu’ils dégradent le paysage. Mais un premier compromis a été trouvé. Aucun bâtiment destiné aux Jeux ne sera construit à la périphérie verdoyante de Garmisch-Partenkirchen. Si elle obtient les Jeux, toutes les compétitions sur neige se dérouleront à Garmisch-Partenkirchen, qui avait déjà organisé des Jeux olympiques d’hiver en 1936. La décision sera connue le 6 juillet. Le championnat du monde ski arrive à point : si Garmisch-Partenkirchen organise un beau « festival de la neige », ses chances de conte d’hiver en 2018 augmenteront beaucoup.////

17.11.2010
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